village campge

Le Gouvernement a déjà eu l'occasion, à maintes reprises, de démontrer son incapacité à redresser durablement les comptes publics et à diminuer ses propres dépenses.
Par facilité, il s'est donc tout naturellement attaqué au seul levier indolore à sa portée, la baisse des dotations des collectivités qui conduit – sans réforme concomitante – à leur lente asphyxie financière et à diminution inquiétante de l'investissement local.
Avec le dégel du point d'indice et une augmentation annoncée de 1,2+%, le Gouvernement vient encore aggraver les difficultés des élus locaux qui peinent à boucler leurs budgets pour 2016. Pour la seule fonction publique territoriale, l'addition s'élève à 648 millions en année pleine
Le plus consternant, c'est que cette décision intervienne, sans aucune concertation avec les associations d'élus, dans le contexte d'un rejet massif du projet de loi El Khomri par sa propre majorité : c'est bien pour éviter une propagation de la contestation et pour rassembler la gauche que le Premier ministre tente d'acheter les fonctionnaires. Mais il le fait, une fois de plus, sur le dos des collectivités.
Si la revalorisation du traitement des agents de la fonction publique est une revendication qui mérite l'attention du Gouvernement, il est incompréhensible que les collectivités aient à en supporter le coût, sans aucune possibilité d'anticiper cette charge nouvelle pour leurs budgets.

II s'agit d'un mauvais coup supplémentaire porté aux finances locales à des fins purement électoralistes.
Jean ROTTNER